La pyramide de l'endurance

Catégorie : Auto, Course

A l’instar du jeune Thomas Laurent (17 ans), récemment sacré champion du monde de karting
sur le Circuit International du Mans, le passage en sport-prototype n’est plus un rêve inaccessible.
Au lendemain de sa victoire à la Super Coupe Internationale de KZ2 au Mans, Thomas Laurent s’est envolé pour Sepang (Malaisie) et le championnat Asian Le Mans Series pour faire ses débuts au volant un prototype LMP3-Ligier de près de 500 chevaux. Un bon en avant mûrement réfléchit pour cet espoir accroc de sport-proto : « C’est comme je l’attendais », assure sereinement le Vendéen. « Il faut dire que j’avais déjà eu l’occasion de tester la voiture en essai… Comparé au karting, c’est moins stressant, même si en course il faut composer avec les concurrents des autres catégories, plus rapides en LMP2 et un peu moins en GT. J’ai piloté l’auto pendant trois quarts d’heure et réalisé des temps similaires aux autres. »


La LMP3 pour débuter


Meilleur chrono de son équipage (Chang-Ho Pin Tung) en course, le rookie tricolore s’est vite adapté au pilotage de la LMP3 qui fera son entrée en force en 2016. « C’est une voiture accessible mais pas un jouet », sourit l’intéressé. « C’est une petite LMP2. Cette opportunité qui découle de la rencontre entre Rémy Brouard (team manager du David Chang Racing) et mon sponsor PASO, me conforte dans mon idée de faire de l’endurance. »
Ce choix parfaitement assumé conduira Thomas Laurent à participer à l’European Le Mans Series en 2016, toujours sur sur une LMP3-Ligier, au sein du « Yvan Muller Racing ». « Il m’a connu en Equipe de France de karting », se réjouit le (plus) jeune pilote de proto.
Véritable produite d’accès - et de formation - le LMP3 s’inscrit dans une volonté d’échelonnement global, comme l’explique le président Pierre Fillon (ACO) : « De la base au sommet, nous voulons permettre aux pilotes, équipes et constructeurs de s’engager en endurance. Pour les pilotes, nous promouvons une formation spécifique qui part de l’endurance karting – avec les 24 Heures Karting – jusqu’aux 24 Heures du Mans automobile. Nombre des derniers vainqueurs de cette course ont fait leur classe sur les circuits du Mans. Pour les équipes, il manquait une voiture rapide, sûre, peu onéreuse qui puisse leur permettre d’appréhender au mieux la discipline puis de gravir un à un tous les échelons. Cette LM P3 constitue le socle de notre pyramide consacrée aux différentes LM P. »


Des tests offerts en LMP1


A l’échelon supérieur, plusieurs pilotes rompus aux joutes de l’endurance bénéficieront également d’un petit coup de pouce, dimanche prochain, à Bahreïn (WEC), pour tester des LMP1 Hybrid.
Très en vue cette saison, les Néo-Zélandais Mitch Evans (Jota) et Richie Stanaway (Aston Martin), ainsi que le Britannique Sam Bird (Ligier/G-Drive), se verront en effet offrir un test au volant des Porsche, Audi et Toyota officielles. Enfin, à l’image du Britannique Chris Hoy (médaillé olympique en cyclisme sur piste) qui a réussi sa reconversion sur quatre roues (champion LMP3 en European Le Mans Series) et auquel Nissan a proposé de conduire pour la première fois un prototype Nissan LMP2, on comprend qu’une vraie filière de l’endurance se met en place.